Notes to the editor

Deriving its origins from a key recommendation of Tony Blair’s Commission for Africa, the Africa Progress Panel was launched in April 2007 as an independent authority on Africa to focus world leaders’ attention on delivering their commitments to the continent. The Panel places particular attention on supporting effective and united African leadership to address challenges to the continent’s continued development. More information on the panel is available in the About section of this website.

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Le G20 peut-il tenir ses promesses macroéconomiques ?

25 Feb 2011

Editorial de Linah Mohohlo sur le G20 et la macroéconomie

La priorité macroéconomique du G20 pour 2011 est de tenir les promesses de la déclaration finale du sommet de Séoul de novembre 2010. Il s’agira en particulier de démontrer que l'engagement en faveur d’une meilleure coordination des politiques et de la réduction progressive des déséquilibres mondiaux n’est pas un discours creux destiné à masquer des désaccords croissants. 

En 2009, le G20, dont les réunions se tiennent désormais au niveau des chefs d’État et de gouvernement, est arrivé à maturité. Certes loin d’être parfaite, cette structure a néanmoins le mérite de proposer une approche beaucoup plus inclusive et globale que celle du G8. De fait, ses débuts ont été fort prometteurs, comme l’ont prouvé les réunions de Londres et de Pittsburgh qui ont contribué à éviter la récession mondiale tant redoutée. Cependant, si 2009 semblait annoncer une nouvelle ère de coopération économique internationale, les espoirs se sont rapidement évanouis en 2010, dans un contexte de « guerres monétaires » et de divergences d'opinion. Il est impératif d’inverser cette tendance dangereuse.

Ce constat n’implique en aucun cas qu'il existe une approche unique en matière de politique macroéconomique : les gouvernements doivent agir en fonction du contexte national qui est le leur. Mais ils doivent accepter le fait qu’il est dans leur intérêt de ne pas empêcher les autres États de faire de même. Le modèle d'économie fermée des manuels de macroéconomie n'est plus pertinent, même pour les plus grandes économies. Chaque exportation est compensée, ailleurs, par une importation ; chaque excédent commercial est contrebalancé par les déficits d’autres pays ; et les monnaies ne peuvent pas toutes se déprécier simultanément. Ces principes de base ont été presque oubliés à certains moments de l’année 2010. 

De nombreux membres du G20 sont confrontés à d’importantes difficultés dans la restructuration et la réforme de leur économie. L'avenir même de la zone euro reste incertain. Il existe également de profondes divisions au niveau bilatéral, comme en témoigne notamment la tension latente sur les taux de change entre yuan chinois et dollar américain. Il est nécessaire de résoudre ces difficultés, et ce pour l'ensemble de l’économie mondiale, y compris pour les nombreuses petites économies qui ne sont pas directement représentées au G20. Car comme le dit le proverbe, « quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre ». La déclaration finale de Séoul contient des engagements visant à éviter une volatilité excessive des devises et à améliorer l'efficacité du Processus d'évaluation mutuelle supervisé par le Fonds monétaire international (FMI) ; elle pose également un certain nombre d’indicateurs des grands déséquilibres mondiaux. Ces engagements devront absolument être tenus en 2011.

Cette déclaration souligne également la nécessité de s’engager en faveur de l’aide aux pays à faible revenu. Ainsi, les membres du G20 doivent, malgré leurs difficultés internes, continuer à être actifs aux côtés de leurs homologues africains. Les économies africaines ont, d’une manière générale, bien supporté la récession de 2009. La reprise de la demande de matières premières, plus importante que prévu, y a certes contribué. Mais, de manière plus profonde, les politiques macroéconomiques des pays africains reposaient sur des bases beaucoup plus solides, disposant de davantage de ressources pour mener des politiques contracycliques sans avoir besoin de négocier une aide d'urgence de la part du FMI. La section « urgence » de l’organisation a en effet été remarquablement peu sollicitée par l’Afrique.

Néanmoins, ce n’est pas parce que les économies africaines ont, pour la plupart, réussi à surmonter la crise, qu'elles peuvent désormais tourner seules. Les événements récents ont en effet révélé de nouvelles faiblesses susceptibles de justifier une assistance supplémentaire, tant technique que financière. Les problèmes de l'Afrique en matière de pauvreté, de maladie et de famine restent redoutables. Il est donc nécessaire que des politiques macroéconomiques favorables à la croissance et à la création d'emplois soient mises en œuvre sans interruption ; la nécessité d'une reprise basée sur la création d’emplois est d’ailleurs soulignée dans la déclaration de Séoul. À cet égard, il faut espérer que les pays développés continueront, autant que possible, d’intégrer une dimension expansionniste à leurs politiques macroéconomiques. 

Sur le plan des échanges, le G20 doit jouer un rôle central dans la conclusion des négociations commerciales du cycle de Doha. Le libre-échange est dans l'intérêt de toutes les économies, mais la lutte contre les velléités protectionnistes constitue un défi récurrent. L'Afrique continuera d'avoir besoin d'aide et de financement pour ses infrastructures afin d’accélérer son développement. Cependant, son succès à long terme reposera sur ses possibilités d'expansion commerciale, tant au niveau mondial que par le développement des échanges au sein même du continent. 

L'Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses ressources naturelles : elle doit vendre des marchandises à valeur ajoutée, produites au niveau national avec ces mêmes ressources, et des services autres que touristiques. Un transfert réel de technologies, y compris sur le plan juridique et financier, sera d’autre part nécessaire pour aider les gouvernements africains à négocier efficacement avec les multinationales privées. Mais tout cela ne sera pas suffisant dans le climat actuel des affaires, qui reste malheureusement peu attirant dans de nombreux pays africains, comme l'a confirmé le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale. Il est dès lors crucial de trouver des moyens novateurs pour briser ce cercle vicieux, et d’engager des actions concrètes pour stimuler la productivité et promouvoir une véritable culture de l'entrepreneuriat.

 

Linah Mohohlo, Gouverneur de la Banque centrale du Botswana